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2017 résumé saison MXGP


12/12/2017

Antonio Cairoli pour la neuvième fois !

Par Dilhat
Saison
  • Antonio Cairoli à Arco di Trento.
  • Quelques semaines se sont écoulées depuis la fin de la saison MX, l'hiver reprend ses droits et confinés que nous sommes par les rigueurs du climat, nous profitons de ce bref apaisement pour jeter un oeil sur cette saison MXGP 2017.


    Antonio Cairoli est donc le nouveau Champion du Monde MXGP et je dois avouer que je n'étais pas loin de l'enterrer au terme de deux saisons où l'Italien avait été à la peine. Non pas que je m'imaginais impossible de le voir de nouveau sacré, pourquoi pas à la faveur de circonstances exceptionnelles telles que celles qui permirent à Febvre de se révéler en2015, mais de le regarder produire des courses d'une telle intensité avec une telle constance. Et en cela, je n'y croyais plus...moi dont l'acuité du jugement est si rarement prise en défaut ! Bref, le Sicilien s'est montré sous son meilleur jour, nous a gratifié de quelques courses sensationnelles (ce GP d'Italie...). Porté par son talent, son physique et son orgueil, le vétéran, transalpin a décroché un titre plutôt inattendu, probablement, le plus beau de tous. Et possiblement le dernier...


    Car le grand homme de la fin de saison fut sans conteste le Néerlandais Jeffrey Herlings. Après tout ce temps perdu en MX2, le prodige batave a réalisé une première partie de saison déroutante. Convalescent, diminué et pour tout dire quasiment à la rue en début de championnat, le pilote KTM nous laissait consterné devant ses piètres performances...puis une aube nouvelle a semblé poindre à Valkenswaard...d'abord diffuse, la lumière a cru en intensité pour devenir aveuglante. passons sur ses triomphes en GP ou encore au MXDN pour mettre en exergue son incroyable intrusion en Outdoor US. Sur une KTM d'emprunt, avec une reconnaissance minimale du circuit, Herlings a infligé au nouveau monde une performance qui a pris la forme d'un coup de tonnerre quand, chutant dans les premiers mètres de la seconde manche, il allait remonter vers un triomphe éclatant, disposant du plateau US avec une facilité déconcertante...La boussole du MXGP risque d'indiquer le nord au terme de la saison 2018.

  • Jeffrey Herlings à Villars sous Ecot.

  • Pour compléter le tiercé, nous retrouvons également sur le podium un Gautier Paulin partiellement retrouvé. Costaud tout au long de la saison, le Golgoth a bâti sa belle saison avec méthode et régularité au guidon d'une Husqvarna qui lui sied indéniablement mieux que la machine du HRC. Fort de cette confiance retrouvée, il a agrémenté cette saison placée sous le signe de la constance avec une très belle victoire au GP d'Europe à Valkenswaard. Seul bémol à cette saison, le Français n'a semblé en mesure de jouer la victoire qu'en de rares occasions. Comme il l'a lui même concédé, il lui a manqué un petit peu de vitesse pour challenger Cairoli et Herlings - mais certainement pas de physique, ni de détermination. Les deux dernières marches seront bien difficiles à gravir pour Paulin, qui risque de demeurer un roi sans couronne (quoique ses 4 succès aux Nations...). Mais quelle classe, quoiqu'il arrive !

  • Gautier Paulin à Valkenswaard.

  • Comment juger la saison de Desalle ? Le verre à moitié plein ? clément, au sortir d'une saison difficile, a joué les premiers rôles, s'est imposé à deux reprises (France et Russie) et aurait joué le podium sans une blessure en fin de saison. Il reste un pilote dont on sait qu'il peut encore gagner des courses et c'est déjà énorme. Mais le Belge a forcément d'autres ambitions, lui qui, comme Paulin, a longtemps paru être en mesure de décrocher le titre suprême. Pas sûr que cette saison le satisfasse pleinement et si 2018 risque d'être la dernière chance pour Desalle d'aller chercher le sacre en MXGP, si tant est qu'elle ne soit pas déjà passée...

  • Clement Desalle à Ernée.

  • Tim Gajser illustre quant à lui la précarité de la condition d'un pilote de haut niveau. Titré avec les honneurs en 2016, le virtuose slovène semblait parti pour exécuter un numéro de soliste avec son brio habituel après un début de saison maîtrisé (il menait devant Cairoli d'une quinzaine de points) quand les fausses notes se sont invitées dans son récital, sous la forme d'un crash sévère au GP de Lettonie. Dès lors, le pilote Honda s'est emmêlé dans ses partitions et a perdu toute chance de conserver son titre et même de figurer sur le podium. Pour autant, Gajser a fini par retrouver le chemin du succès sur les dernières courses et il devrait constituer, selon toute vraisemblance, la menace la plus sérieuse en 2018 pour Herlings (et Cairoli).

  • Tim Gajser à Villars sous Ecot.

  • La saison 2018 devait être celle de la revanche pour l'ex-empereur Romain Fèbvre. Terminer sixième du mondial, sans avoir souffert d'une blessure majeure, sans victoire de GP, sans podium pendant 15 GPs, voilà un bilan que les plus pessimistes d'entre nous n'imaginaient surement pas. Et pourtant le cas de Romain illustre combien la mécanique de précision que constitue un athlète de haut niveau peut-être rapidement perturbée. Ainsi, les séquelles de sa fin de saison 2016, marquée par les chutes et les blessures, ont semblé peser sur les prestations du jeune homme, de même qu'une adaptation incertaine à sa monture millésimée 2017 et ces désagréments cumulés ont contraint le Vosgien à enchainer les performances navrantes. Heureusement, sa fin de saison, marquée par une victoire de manche en Suède, des podiums en France et aux Pays-Bas et sa performance aux Nations une nouvelle fois exemplaire, ont clairement indiqué que Febvre sera, à défaut d'être favori, un outsider sérieux pour la course au titre la saison prochaine. Une situation qui lui a souri dans le passé...

  • Romain Febvre à Uddevalla.

  • Et puis en quelques mots, évoquons le reste du pack. A commencer par Van Horebeek. Toujours efficace, costaud, il lui manque cependant un je ne sais quoi pour triompher en GP. Sa saison fut perturbée par des blessures qui l'ont éliminé de la course au podium final. S'il reste indéniablement un top pilote, il apparait peu probable de le voir égaler un jour sa marque de 2014 (vice-champion MXGP).

    Nagl commence à voir le bout de piste...quelques rares éclairs (France, Assen...) ont jailli d'une saison sans éclat. Poussé lentement vers la sortie des teams d'usine puis bientôt du top ten des GP's, l'Allemand regrettera surement longtemps cette vilaine blessure qui, en 2015, l'a privé d'une chance sérieuse de titre mondial.

    A l'inverse, Anstie semble désormais avoir la faveur des Dieux et surement celle de ses employeurs. Auteur d'une saison presque pleine (manquant seulement deux GP sur blessure), le jeune Max a pris la mesure de la catégorie et des challenges qu'elle s'impose. Sa superbe fin de saison, illustrée dans un premier temps par deux podiums et de belles manches en GP, a pris une toute autre dimension avec son éclatant succès lors du MXDN disputé sur ses terres de Matterley Basin. A n'en pas douter, il devrait être l'attraction de la saison 2018 et une menace avec laquelle les favoris vont devoir compter.

  • Max Anstie à Matterley Basin.
  • Coldenhoff a eu quelques bons moments, mais ses performances globales peinent à justifier son statut de pilote officiel pour la marque qui domine désormais le monde du MX. Et ce n'est pas son MXDN qui va relever cette impression

    Bobryshev a perdu le sien auprès du HRC, pourtant la saison du Russe avait plutôt très bien commencée. Las, comme d'autres avant lui, une blessure est venue enrayer le cours d'une bonne saison, et plus que son indisponibilité, ce sont ses performances par la suite, qui ont révélé l'étendue des dégâts. Il lui faudra rebondir en 2018 dans un contexte beaucoup moins favorable que celui de pilote d'usine...

    Saison également compliquée pour Strijbos et Simpson (même s'il peut s'enorgueillir d'une nouvelle victoire en GP dans la boue d'Indonésie), et carrément horrible pour Tixier (pourtant rapide en certaines occasions), Searle (dont la performance aux Nations n'incite pas à l'optimisme) et Guillod.

    Tonus et Jasikonis, s'ils ne figurent pas nécessairement en bonne place dans les classements, ont quand même illuminé cette saison par leur coup d'éclats. Le Suisse a gagné sa première manche en MXGP, lors de son GP national avant de se blesser dans le second débat. Jasikonis a réalisé de belles courses et confirmé l'étendue de son talent, notamment au Portugal (victoire de la qualif' et podium le lendemain). On attend de ces deux pilotes qu'ils ajoutent de la constance à leur prestation et ils devraient logiquement progresser dans la hiérarchie 2018. Notons aussi que Tanel Leok a scoré dans presque toutes les manches pour terminer quinzième.

  • Arminas Jasikonis à Agueda.
  • Dernier mot enfin, pour saluer la fin de carrière fort discrète de Ken de Dycker. On aurait aimé que le géant belge nous gratifie d'une ou deux fulgurances dont il a le secret, lui dont le gabarit hors norme, le style invraisemblable et les trajectoires improbables en ont fait un pilote inimitable et spectaculaire, apprécié comme il se doit par les fans de MX du monde entier.

  • Ken de Dycker.
  • Classement des quinze premiers

    1) Cairoli.A (I-KTM) 722 pts

    2) Herlings.J (NL-KTM) 672 pts

    3) Paulin.G (F-HVA) 602 pts

    4) Desalle.C (B-Kawasaki) 544 pts

    5) Gajser.T (SLO-Honda) 530 pts

    6) Febvre.R (F-Yamaha) 519 pts

    7) Van Horebeek.J (B-Yamaha) 443 pts

    8) Nagl.M (D-HVA) 439 pts

    9) Anstie.M (GB-HVA) 436 pts

    10) Coldenhoff.G (NL-KTM) 424 pts

    11) Bobryshev.E (RUS-Honda) 397 pts

    12) Tonus.A (CH-Yamaha) 355 pts

    13) Jasikonis.A (LTU-Suzuki) 283 pts

    14) Strijbos.K (B-Suzuki) 223 pts

    15) Leok.T (EST-HVA) 223 pts


    Photos : Roman Borak : https://www.facebook.com/roman.borak.7
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