Du même thème
Recherche

accès rapide
por612.jpg
4083

Vialle Frédéric


02/11/2016

Je voulais un jour être en finale à Bercy !

Par L'archiviste
Pilote français
  • Foxhill, Grand Prix d'Angleterre 1995
  • Motocross History : Comment es-tu arrivé dans le monde de la moto ?
    Frédéric Vialle (FV) : Mon père était trialiste-organisateur, passionné de trial et j'allais tracer les zones avec lui le week-end. Mon oncle était pilote de motocross en ligue, national et inter 500. J'ai baigné dedans ! Puis j'ai vu les Bayle, Kervella courir lors d'un supercross et j'ai voulu faire comme eux.

    Te-souviens-tu de ta première course ?
    FV : Oui. C'était à La Voulte avec un Italjet ! Au départ, on poussait les motos comme à l'ancienne ! J'avais fini très loin.

    Qu'est-ce que t'a apporté le mini-vert ?
    FV : J'ai un parcours un peu particulier. J'ai participé à ma première course en ligue à Chateauneuf les Martigues en 1985 avec une Honda. J'ai terminé dans les derniers. Puis lors des courses d'après, j'ai fini 25è, 20è puis parmi les premiers. Je ne suis pas passé par le mini-vert. C'est allé très vite ! Avant de devenir pro, je ne faisais de la moto que depuis quatre ans.



  • 1989 en juniors *


  • Qu'est-ce que cela fait de gagner une finale de championnat de France de supercross à quinze ans ?
    FV : Je ne me rendais pas compte. J'étais content, dans ma bulle. En fait j'avais décidé de faire de la moto, pour être un jour en finale à Bercy ! Donc j'étais dans mon objectif.

    Tes premiers éclats sont en supercross. As-tu préféré cette discipline au motocross ?
    FV : Oui. Je commence à percer lors du Bercy 1990. Je crève l'écran avec cette chute. Après une petite glissage je redémarre aussitôt, mais je chute et tombe entre les deux bosses. Je veux repartir, mais il y a Bolley qui arrive au-dessus de moi !! J'ai eu une ascension rapide, mais je n'étais pas très stylé !

    Visionner ici la video :
    http://www.motocross-history.com/video.php?tube=Bercy%201990

    L'association avec P.Boniface, est-ce le premier tremplin ?
    FV : Oui ! Un an auparavant, j'étais avec D.Hoog, G.Roussel, H.Hagnéré. Il m'a fallu un temps d'adaptation avec la Kawasaki. Je ne m'en suis pas trop mal sorti en championnat d'Europe, mais j'ai eu des problèmes de carburation en championnat de supercross. En 1991, Boniface avait crée avec Kervella et Guédard, le team KGB. C'est là que j'ai appris le haut niveau. J'allais chez Bony trois semaines, puis je retournais chez moi, puis je revenais chez Bony. Je m'entrainais spécifiquement sur les circuits du Nord, en vue du Touquet, notamment.



  • 1991, interview lors de l'Elite de Thomer **


  • Par la suite tu a été dans beaucoup de teams, dans lequel as-tu eu le meilleur contrat ?
    FV : Tous les contrats ont été bons, même avec l'importateur KTM.

    Aurais-tu pu être Champion du Monde ?
    FV : Je pense que non. Maintenant, je n'ai pas eu Jacky Vimond comme entraineur, et lui me voyait titrable, donc peut-être que si j'avais été avec lui ! Entre troisième et premier il y a un monde. Après dans ta vie, tu as un parcours et tout dépend comment tu l'abordes. Rappelle-toi mon objectif. Au départ je ne voulais pas être Champion du Monde, mais aller en finale à Bercy !

    Raconte moi ta victoire de manche à Laguépie en 1993 ?
    FV : Pour ce week-end là, j'étais parti pour gagner une manche. Il me fallait à tout prix une victoire, je végétais un peu. Je n'avais pas cette aisance technique, je ne prenais pas de risque, je ne me blessais pas, mais cela ne reflétait pas mon pilotage. Lors de la dernière manche, je pars 2-3, puis je passe en tête. Barto chute. Karlsson me passe mais chute aussi ! Tu sais que c'est peut-être le bon jour. Je n'ai pas lâché ! A la fin Yves et Strijbos étaient derrière. Je luttais contre les Suzuki. Des avions ! Et puis c'était des manches de 40 minutes plus deux tours ! Dans ma carrière, j'ai du courir une fois pendant 47 minutes et 51 minutes !



  • Les caméras à l'arrivée de la manche victorieuse *


  • Et "TON" Grand Prix en 1997 ?
    FV : Presque à la maison, à Pernes. Dès les chronos je suis bien, troisième. Je pars en tête dans les deux manches. En première j'étais tellement excité d'être devant que je chute au deuxième tour ! Je repars 8, un peu froissé ! Finalement je termine 4 en serrant les dents car j'avais un peu mal ! En seconde manche, je suis plus sage et je gagne la manche, donc le Grand Prix !




  • Publicité Pirelli célébrant la victoire en GP.


  • Combien de titres nationaux as-tu décroché ?
    FV : Trois. Un en motocross en 1997 en 125cc et deux en supercross, en 1993 en 125cc et l'autre en 1995 en 250cc.

    Tu as beaucoup de deuxième places aussi, y a t-il une déception pour une ou deux saisons ?
    FV : En 1991, au départ de la finale du championnat supercross, j'ai 7 points d'avance sur Pichon. Je casse la bielle avec la nouvelle moto. Kawasaki voulait que je roule avec. Maintenant, je suis tombé sur des Champions du Monde : Demaria, Pichon, Tortelli, Bolley ! Donc des deuxièmes place, j'en ai accumulé. Et puis un jour, j'ai eu une fracture mentale : 12 GP, 1 Touquet, l'Elite, le SX, chaque année pendant 10 ans !

    Question "bâteau", lequel de tes titres fut le plus beau ?
    FV : Pas le premier. Plutôt le titre en 250cc en supercross. Je montais de catégorie. Et puis le titre de Champion d'Italie en 125cc.

    Je reviens sur la perte du titre, en as-tu voulu à Kawasaki de t'avoir fait rouler avec la nouvelle moto pour la finale ?
    FV : Non, c'est comme ça. C'était mon employeur.

    En fait nous les fans, nous étions plus déçus pour toi !
    FV : Oui.

    1991, premier Motocross des Nations, avec un team 100% Kawa !
    FV : Oui, c'était sympa. Malheureusement, on y était allés sans prétention car il y avait du monde ! Les Stanton, les Bradshaw, les Kiedrowski, les Puzar, les Everts...!!! Et puis Olivier Perrin était malade, donc nous n'avions roulé qu'à deux avec Yann Guédard.
    Par contre à Roggenburg en 1994, on aurait pu gagner. J'ai le sentiment que l'on avait le potentiel. On était bien, on était entre potes. Je me classe deux fois quatre en catégorie 125cc.



  • Motocross des Nations 1994. ***


  • Et tes autres Nations ?
    FV : L'année d'avant à Schwanenstadt, je peux te dire que dans la montée, il fallait la tenir, la Kawa 500 !!! J'avais mal aux bras ! Je termine neuvième et dixième en catégorie 500cc. En première manche je suis dans les 5, mais je termine onzième scratch. En troisième manche je roule mieux mais je suis mal parti. Et en 1997, on me demande de rouler en 250cc, j'accepte mais je n'ai pas pu m'entraîner assez avant. Dans ma première manche, je pars 3 et je termine 5, je suis plutôt content. Par contre en dernière manche, je chute en début de course et un caillou se coince sous ma pédale de frein. Je ne peut remonter qu'à la vingt-cinquième place. Dommage.



  • Motocross des Nations 1997.


  • Quels étaient tes qualités ?
    FV : Il n'y a rien qui ne pouvait me faire peur. Dans la difficulté j'arrivais à me transcender.

    Pour nous, les fans, on te sentait engagé, ça n'a pas trop frité en course : St Jean en 1991, Donnery 1994 ?
    FV : Après St Jean, on ne s'est pas parlés pendant un mois avec Yves ! Je voulais bousculer la hiérarchie. Il tournait deux secondes plus vite au tour, je me battais, j'ai tenté un truc ! Au cours du premier tour, je perds le contrôle de la moto à cause d'une flaque d'eau que je n'avais vu et je tape dans Yves !
    Avec Mika ça souvent été chaud ! Il me prend le titre Cadet pour deux points et en 1994, lors de la dernière manche je joue mon va tout ! Mais bon Mika, je pense que ça été le meilleur pilote en général : la façon de gérer sa carrière, les moyens qu'ils se sont donnés, l'organisation de la famille.



  • Chaude finale à Donnery.


  • Retour au supercross, Bercy 1991 ?
    FV : C'était fantastique !! Nous ce que l'on voulait, c'était aller à Bercy et rouler contre les Ricains !!! Le championnat de France de supercross nous a permis de prendre conscience que le supercross était très important, que l'écart avec les Américains était énorme et ce qu'il fallait faire pour les rattraper. JLFO nous a aidé et c'est pour cela qu'il faut garder le championnat. Il permet éducation et préparation. Il faut que ce championnat perdure !
    Cela nous a permis d'aller rouler à l'étranger en SX. A l'époque, avec F.Bolley, nous n'étions que deux � être aller � Barcelone et � Tokyo. Ca me fait penser � ce qu'ont fait plus tard, les frères Pourcel et puis récemment Ferrandis et Febvre.

    Pour en revenir � cette finale, au bout du tunnel, je suis � l'intérieur mais j'accroche le repose pied et je glisse. Yves me passe, puis je reviens dans les whoops !! Dans la dernière ligne droite, Yves est � droite de la piste, puis il recoupe un peu sa trajectoire. Il me l'a fait � l'ancienne et je ne peux pas sauter le triple pour le dépasser. On termine roue dans roue !

    Le supercross US, une autre dimension ?
    FV : Oui tout � fait. L'écart est toujours important et � l'époque, c'était un monde ! On comprend mieux la différence avec les circuits et les infrastructures. Il y a beaucoup de moyens. En ce qui me concerne, c'était une découverte, il y avait de l'excitation, nous Français, on voulait montrer ce que l'on savait faire.

    Comment s'est passé l'organisation ?
    FV : Shot avait proposé � certains pilotes de partir aux USA. Il y avait Kervella, Perrin, Porte, Guédard. Sur place, nous avions loué une moto et un camion. A Anaheim, on bénéficiait d'une préparation Pro Circuit avec un service privilégié, moteur et suspension. Par contre, la course d'après, � Seattle, c'était la débrouille, j'étais le long des grillages avec 2-3 clefs dans le sac. Je gagne la demi finale !! Du coup lors de la finale, j'étais panneauté par Pro circuit ! Je holeshote la finale, je reste 10 tours en tête, puis il a fallu respecter les consignes et laisser passer le pilote Pro Circuit : Ryan Hughes. Normal car une année ils avaient perdu le titre pour quelques petits points.

    As-tu roulé en outdoor ?
    FV : J'ai fait une course et j'ai pu rouler avec Doug Henry. Il était champion sortant. C'est la première fois que je me suis senti ridicule. Il me collait sept secondes au tour ! C'était une course de préparation mais quand même ! On n'avait que quinze minutes d'essais et dix minutes de chronos, puis c'était les manches. Ca m'a moins botté que le supercross.



    � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � "Le supercross ça me bottait"

    Les terrains outdoor sont-ils meilleurs ?
    FV : Je n'ai pas trouvé. Par contre pour nous les Européens c'est plus dur. Les Américains tournent toujours sur les mêmes circuits donc ils les connaissent. C'est comme un champion de ligue en France, il tourne sur les mêmes terrains, il est indéboulonnable.

    Pourquoi n'as-tu pas essayé l'aventure US ?
    FV : C'était mon rêve. J'ai eu une proposition mais � la dernière minute, ça ne s'est pas conclu. Je te raconte. Nous sommes en 1997. Le vendredi matin avant le Grand Prix de Belgique � Neeroteren, Xavier Audouard m'appelle :
    - "Pro Circuit cherche un pilote pour être le coéquipier de Ricky Carmichael et on a pensé � toi. Ce qui serait bien, c'est que tu montres un truc ce week-end."
    - "Ok, on se rappelle dimanche."
    Je dois faire dans les derniers temps de la qualif. Mais le dimanche se passe super bien, je gagne le GP ! Je rappelle X.Audouard :
    - "Xavier, j'ai gagné les deux manches !!"
    Mitch Payton était prêt, le contrat aussi. Mais au dernier moment le boss de Kawa US a refusé : la dernière collaboration avec un pilote français s'était mal passée et il ne voulait que ça recommence.

    Quels étaient tes circuits français favoris ?
    FV : Laguépie, Pernes, Lacapelle mais aussi en Bretagne, Romagné et Iffendic. J'ai adoré ce circuit, je pouvais m'y exprimer !

    Tu as roulé aussi en "enduro" : Touquet et Bol d'herbe ?
    FV : Oui, le Bol d'herbe en 1992 avec le team Kawa : Guédaro, Olaf et Kerv. On gagne dans le dernier tour ! Et puis le Touquet. J'aurais pu gagner en 1997. Réglementairement, j'aurais du le gagner. J'adorais ce style de course. Bony me l'avait inculqué. J'aurais bien aimé le gagner, mais je n'ai pas eu le temps de m'entraîner comme il fallait. C'est au moins un mois et demi de préparation. Tous les jours tu tournes en moto pendant quarante-cinq minutes, tu roules � vélo !

    Tu as eu beaucoup de surnoms, lequel as-tu préféré ?
    FV : Viallou. C'est Olaf qui me l'avait donné : "tu es comme un chien fou, comme un loup !"



    � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � Viallou, le chien fou

    Quel est ton meilleur souvenir ?
    FV : J'en ai deux : Bercy 1991 et une course � la Gurp TT. Il y avait une double piste. On était � la lutte avec A.Demeester, JC.Moussé et T.Potisek. Avec Arnaud on a pris � gauche, ils ont pris � droite et nous sommes passés devant !

    Avais-tu une idole ?
    FV : Petit, j'adorais H.Carlqvist et D.Thorpe.

    Palmarès
    Champion de France 125cc motocross : 1997
    Champion de France 125cc supercross : 1993
    Champion de France 250cc supercross : 1995
    Champion d'Italie 125cc motocross : 1995
    Vainqueur de 3 Grand Prix 125cc
    Vainqueur de 8 manches de Grand Prix 125cc
    Vice Champion de France 80cc motocross : 1988
    Vice Champion de France 125cc motocross : 1991, 1992, 1994, 1995, 1996, 2000
    Vice Champion de France 125cc motocross : 1991, 1994
    Vice Champion de France 250cc supercross : 1997, 2000
    3ème du Championnat du Monde 125cc : 1996
    3ème du Motocross des Nations : 1994
    3ème du Championnat de France 125cc motocross : 1993
    3ème du Championnat de France 125cc supercross : 1992
    3ème du Championnat de France 250cc supercross : 1996, 1999, 2001

    [Photos : Tonylamalte sauf * M.Moncler, ** Archives MC.Thomer et *** XL420]
    Vos commentaires
    Articles du même thème